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Résultats d’une recherche dans le secteur agricole: Soutenir les femmes, c’est garantir la sécurité alimentaire



«Politiques agricoles, emploi et revenu des femmes au Burkina Faso ». C’est ce thème qui a balisé les travaux de recherche de trois doctorantes en économie. Des résultats de cette recherche, il ressort que l’amélioration de l’accès des femmes aux moyens de production agricoles « contribue à la sécurité alimentaire, à une croissance économique et à l’amélioration des conditions de vie des femmes ». Ces universitaires ont déclinée les résultats de leur recherche ce jeudi 23 mai à l’Université Ouaga II.

Les économistes-chercheuses qui ont mené avec « brio » la recherche sont Wamadini dite Minata Souratié, Farida Koinda, Rasmata Samandoulougou. Ces trois universitaires ont voulu partager les fruits de leur labeur avec un public large et varié. C’est ainsi que sur leur initiative, l’assistance composée entre autres des agents publics de divers ministères impliqués dans les questions agricoles et les conditions des femmes étaient massivement présents à l’atelier de restitution des résultats de la recherche. C’est l’égide, du Laboratoire d’Analyse Quantitative Appliquée au Développement-Sahel que le trio a effectué ses activités.

Un contexte alarmant pour les femmes

Dans leur méthodologie, les chercheuses sont parties de plusieurs constats sur la condition des femmes engagées dans le secteur agricole au Burkina Faso. En effet, il ressort de l’étude qu’au Burkina Faso, 83% des femmes  exercent dans le secteur agricole, elles assurent 75% de la production alimentaire pour la consommation des ménages et occupent 60% des activités de production. Malgré cette importante présence des femmes dans ce secteur, elles souffrent d’un « accès limité aux ressources productives ». A titre illustratif, les auteures constatent que seulement 8,2% des femmes sont détentrices individuelles de la terre contre 45,5% pour les hommes. Et en moyenne, la superficie exploitée par les femmes est de 1 ha contre 3 ha pour les hommes. Et la conclusion des doctorantes est alarmante: « L’accès inégal des femmes aux ressources productives nuit aux conditions de vie des femmes agricoles ». Le trio a aussi jaugé les impacts des politiques et programmes publics sur la situation des femmes exerçant dans le secteur agricole. Tirant les limites de ces politiques, l’équipe des chercheuses a analysé et proposé trois scenarii pour faire changer positivement la donne. Ces simulations sonnent également comme de fortes recommandations adressées aux gouvernants.

Des trois scénarios pour améliorer la situation des femmes et booster le secteur

Les chercheuses ont démontré à travers trois scénarios que le secteur agricole peut être davantage boosté en s’appuyant sur les femmes. Ainsi, le premier scénario propose une augmentation de 70% de l’offre de « capital terre » alloué aux femmes. Ce taux est calculé sur la base de la politique d’octroi de 30% des terres aménagées aux femmes. Pour les doctorantes, un plus grand accès des femmes à la terre contribue à améliorer le bien-être à travers l’accroissement de l’emploi des femmes et donc des revenus pour les ménages. Elles ajoutent -comme résultat concret- que cette augmentation contribuerait de façon spécifique à : Accroître le niveau d’emploi des femmes dans les activités agricoles de 2,74% ; à augmenter la valeur ajoutée totale des femmes dans les activités agricoles de 52,79% ; à accroître la production agricole totale de 13,63%.

Le second scénario recommande une réduction de 10% du coût de l’engrais pour les femmes.  C’est une sorte de discrimination positive pour faciliter l’accès des femmes aux engrais afin d’améliorer leur rendement. Les trois universitaires trouvent que la baisse du coût de l’engrais au profit des femmes entrainera une hausse (moyenne de 8,5%) de la demande d’engrais par les femmes propriétaires, dans toutes les activités agricoles. Et par ricochet, cette hausse conduit à une « augmentation de la valeur ajoutée totale des femmes dans les activités agricoles (4,27%), et ultimement de la production agricole globale de 0,82% ». En plus, selon l’étude, cette relance d’activité par les femmes propriétaires permettra « un accroissement allant jusqu’à 5,26 % de la demande de travail des femmes au profit de plus de la moitié des branches agricoles ».

Une troisième simulation table sur l’accroissement de 10% de l’offre de « capital équipement agricole » pour les femmes sur la base des politiques actuelles du Gouvernement. L’étude démontre sur ce point que l’augmentation de l’offre d’équipement agricole pour les femmes entraine un « accroissement d’environ 10% de la demande correspondante (des femmes, pour ces équipements), dans toutes les branches agricoles ». Il s’en suit un « accroissement de la demande de travail des femmes de 0,24%, conduisant à une augmentation de la valeur ajoutée des femmes et de la production totale dans toutes les branches agricoles ». Comme résultat, les chercheuses constatent également une hausse du revenu des ménages provenant du capital et du travail, à l’exception des ménages ruraux pauvres.

Cependant dans tous les trois scénarii, les chercheuses ont constaté que l’impact sur le PIB (Produit Intérieur Brut) est faible. Et que cette situation est due à la faible part des femmes dans les facteurs de production. Ces mêmes effets se « répercutent sur le revenu et l’épargne du Gouvernement qui augmentent aussi faiblement ».

Une garantie de la sécurité alimentaire

Les trois doctorantes sont parvenues à démontrer à travers les résultats de leur recherche que l’équipement adéquat des femmes dans le secteur agricole garantie de nombreux avantages. Ainsi, selon Minata Souratié, porte-parole de l’équipe, « l’amélioration de l’accès des femmes aux intrants agricoles contribue à la sécurité alimentaire, à une croissance économique et à l’amélioration des conditions de vie des femmes à travers la création d’emploi et l’accroissement du revenu des ménages ». Une autre affirmation clé de la recherche indique qu’une politique de subvention des engrais des femmes, une politique de subvention des équipements agricoles au profit des femmes, et l’amélioration de l’accès des femmes à la terre sont importants pour aboutir à des résultats concluants.  Et pour y arriver, le trio de recherche recommande vivement à l’Etat de :

  • Mettre à la disposition des femmes des équipements agricoles à des conditions plus accessibles à travers les dons et les subventions d’au moins 10% du coût des équipements.
  • Poursuivre les politiques déjà mises en place, et notamment celle de « l’Opération 100 000 charrues » qui consiste à octroyer 50% des charrues aux femmes.
  • S’assurer du respect de l’application du quota de 30% des terres aménagées allouées aux femmes.
  • Mener une politique discriminatoire en faveur des femmes en subventionnant le coût d’acquisition des engrais des femmes d’au moins 10%.

Un travail de « qualité » salué

Les Professeurs Pam Zahonogo et Florent Songnaba, respectivement, directeur du Laboratoire d’Analyse Quantitative Appliquée au Développement-Sahel et vice-président de l’Université Ouaga II ont donné le coup d’envoi de la présentation du travail des chercheuses. Ils ont félicité les trois doctorantes pour la « qualité des recherches et du travail abattu ». Ils ont surtout émis le souhait que le document puisse « aider la prise de décision » pour booster l’économie nationale.

Wamadini dite Minata Souratié, Farida Koinda et Rasmata Samandoulougou ont pour leur part adressé de chaleureux mots de remerciement à l’endroit de l’organisation canadienne Partenership for Economic Policy (PEP) qui a eu confiance en elles en acceptant de financer cette recherche.

Hamidou TRAORE



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